Le Sang de la Sirène
Une légende bretonne par le célèbre conteur Anatole Le Braz
Ouessant, terre de sortilèges
Dans la Bretagne du siècle dernier, l'île d'Ouessant — radeau de granit sur l'Océan — est une terre de légendes et de sortilèges. On y évoque les sirènes, douze vierges belles comme des anges mais perverses comme des démons, dont les chants étaient autant d'appels d'amour, propres à séduire le cœur des jeunes hommes.
La malédiction du Roi de la mer
On raconte qu'un îlien en pêcha une dans ses filets. Cet homme était le plus fier et le plus beau des gars d'Ouessant. Elle le fit roi de la mer : les vagues lui apportaient les poissons et les épaves, les vents et les courants lui obéissaient. Mais la malédiction des sirènes fut implacable et se poursuit encore sur tous les descendants.
Les Morganes hantent toujours les rivages
Sur les rivages on les entend toujours, et même, par nuit claire, on peut les voir qui tordent aux rayons de la lune leurs longues chevelures ruisselantes. Et les corps des marins perdus roulent sur les lits d'algues et de sable dans les profondeurs océanes.
Des personnages extraordinaires
Des figures fascinantes traversent cette histoire fabuleuse :
- Marie-Ange, la belle épouse d'un descendant du Roi de la mer
- Nola, que ceux d'Ouessant surnomment « Strew an Ankou — la mouette de la mort » et qui parle aux goélands
Déjà les mystérieuses puissances de la tempête hurlent autour des demeures, dans le rite démoniaque des vents et de la mer.
Le maléfice des Morganes s'accomplira-t-il ?